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RestoLux3 — Cuisine de saison, envoyée au passe

La cuisine

Ce qui prend du temps se fait le matin, pas pendant que vous attendez

Une sauce qui tient demande des heures de réduction. Un légume tourné demande un couteau et de la patience. Rien de tout cela ne peut se faire à 20 h avec quarante couverts en salle — c’est pour ça que la journée commence à 7 h 30.

Deux mains tranchant un filet de saumon à l’aneth, citrons et gros sel autour

Les trois marmites

Tout ce qui nappe une assiette vient de là

Aucun fond du commerce, aucune base déshydratée. C’est un choix coûteux en temps de travail, et c’est la seule différence qui se goûte encore le lendemain.

  1. Fumet de poisson

    Arêtes et parures des poissons levés le matin, suées au beurre, mouillées à froid, jamais bouillies. Quarante minutes, puis passage au chinois étamine.

    Sert à

    Sauces des poissons, bouillon de l’envoi 03 du menu

  2. Fond blanc de volaille

    Carcasses, poireau, céleri, oignon clouté. Six heures au frémissement, écumé toutes les demi-heures pour rester clair.

    Sert à

    Risotto d’épeautre, blanquette, glaçage des légumes

  3. Jus corsé

    Parures de viande colorées à sec, déglacées, réduites de moitié trois fois de suite. C’est le seul élément de la cuisine qui n’est jamais salé avant la fin.

    Sert à

    Côte de bœuf, épaule d’agneau, volaille

Produits et plats étalés sur un plan de travail : côtelettes, ragoût, pain et condiments

L’approvisionnement

Deux passages par semaine, et l’ardoise suit

Maraîchers de la vallée de l’Alzette le mardi et le jeudi, poisson livré entier le vendredi matin, viande maturée commandée à la pièce. Ce qui rentre décide de ce qui s’écrit — pas l’inverse.

  • LégumesVallée de l’Alzette, deux passages par semaine
  • PoissonLivré entier, levé en cuisine le matin même
  • ViandeMaturée, commandée à la pièce selon les réservations
  • FromagesCinq affineurs de la Grande Région, plateau tournant

Une journée au passe

Ce que vous mangez à 20 h a commencé à 7 h 30 sur un marché

  1. 07 h 30

    Le marché

    Deux passages par semaine chez les maraîchers de la vallée de l'Alzette. Ce qui rentre décide de l'ardoise, pas l'inverse.

  2. 09 h 00

    Les fonds

    Fumet de poisson, fond blanc de volaille, jus corsé. Trois marmites qui tournent au frémissement toute la matinée.

  3. 11 h 00

    La mise en place

    Légumes tournés, herbes ciselées, sauces passées au chinois étamine. Chaque bac est daté et rangé dans l'ordre des envois.

  4. 12 h 00

    Premier envoi

    Le chef annonce, la salle répond. Les assiettes partent du passe par tables entières, jamais une par une.

  5. 15 h 00

    La coupure

    On nettoie, on goûte les fonds du soir, on ajuste l'assaisonnement à froid puis à chaud.

  6. 18 h 00

    Le brief

    Cuisine et salle passent la carte du soir ensemble : les ruptures, les allergènes, les tables à surveiller.

  7. 19 h 00

    Le service du soir

    Quarante-six couverts, six au comptoir face au passe. Le rythme est tenu par la cuisine.

  8. 23 h 00

    Le dernier envoi

    On envoie les desserts, on démonte le passe, on écrit l'ardoise du lendemain au tableau.

« Pourquoi la carte est-elle si courte ? »

Seize lignes, cinq sections. Une carte de cinquante plats oblige à stocker cinquante préparations, donc à en congeler la moitié. Seize lignes tiennent dans deux frigos et se refont entièrement chaque semaine. C’est court par méthode, pas par manque d’idées.

« Et si je suis végétarien ? »

Deux plats permanents sont construits sans produit animal, avec la même exigence que le reste : une cuisson longue, un jus, un croquant. Sur le menu en sept envois, la cuisine réécrit les envois concernés au lieu de les retirer — vous mangez sept assiettes, pas cinq.

Le dernier envoi

Le plus simple reste de venir goûter

Un midi de semaine à 26 € coûte moins cher qu’une longue explication.

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4, rue Josy Printz, Hesperange, Luxembourg